Partager l'article ! Transju’ Trail 2010 : « Jura qu’on ne l’y prendrait plus » … ou peut-être en 2011 !: L’idée est venue de notre curiosité à propos ...
L’idée est venue de notre curiosité à propos de la Transjurassienne, épreuve de ski de fond reconnue qui nous tentait bien. Sur le site de Trans’Organisation, on remarque également qu’un trail existe sur le tracé mythique de cette traversée du Jura, dans la longueur !
Allez, nous voilà inscrites, Pat sur la longueur complète (70km) et Elsa sur la moitié (34km), en compagnie de Rodolphe, SA moitié.
Pour être sures que Pat soit sur la ligne de départ à 5h30, nous réservons un dortoir dans le centre d’hébergement de Lamoura.
Nous nous y retrouvons le samedi, quasi synchronisés après un passage à Morez pour le retrait des dossards. Il est 19h00, le temps de poser nos sacs de sports sur les lits, et nous mettons les pieds sous la table de la cantine.
Couchés à l’heure des poules du Haut-Jura (mais pas des retraités en vacances !), nous passons une nuit agitée dans la perspective de l’effort du lendemain : un réveil à 2h40 pour Pat, départ de la course à 5h30, 70km et 2700 mètres de dénivelée+. Pour Elsa et Rodolphe, ce sera un départ de course à 10h00 pour 34km et 1350 mètres de dénivelée+.
Quand 70 + 34 font transcender les Mamans Brut de Fleurs !
9h00 : nous sommes déjà sur la place de l’hôtel de ville de Morez, au point de départ. Sous un tonnerre d’applaudissements passe le premier concurrent de l’épreuve de 70km, la cuisse légère et l’organisation au top : il tend sa ceinture-gourde vide et l’échange contre une nouvelle, pleine = 0 perte de temps !
9h30 : rencontre avec une thononaise qui a franchit le Léman pour tester un parcours plus long que son « allingeoise » habituelle de ce début juin (petite pensée pour ma maman qui a t erminé pour la seconde année consécutive, ce « petit » 18km chablaisien)
Après les Trois Commères, nous amorçons une grande descente technique puis plus roulante jusqu’à Morbier où je ne m’arrête pas malgré l’odeur
alléchante du Comté et du Morbier ! Le cadre est bucolique et après une jolie grimpette en single en sous bois, me voilà perchée au dessus de Morez alors que les cloches de l’Eglise sonnent
10h annonçant par la même le départ du 34. Peut-être vais-je pouvoir récupérer les derniers !
10h00 :
départ au coup de fusil, un bisous « a tout à l’heure » et le voilà qui disparaît en se faufilant entre des dos de poches à eau. Où suis-je, que fais-je ? (dans quel état j’ère ce sera pour plus tard !!) C’est la première fois que je m’engage à courir aussi longtemps, et je n’ai gravit qu’occasionnellement autant de dénivelée dans la même journée. Mais voilà, ma gouroute de trail (Pat) sait transmettre son plaisir et depuis deux rando itinérantes, j’adore le Jura !
Pour ne pas avoir le vertige de l’épreuve, je décide de prendre chaque étape, l’une après l’autre.
Je sais qu’une montée nous attend, dès le début. Elle nous mènera aux Rousses, en passant par un sous-bois, le lycée d’optique de Morez (une centaine de marches d’escalier : faut être motivés pour aller en cours !) et une belle colline jurassienne.
1h30 de montée pour moi, 2h pour arriver aux Rousses.
J’ai ensuite le repère du ravitaillement solide, situé dans le joli village de Prémanon. J’entends derrière moi, dans le peloton, un homme conseiller à son auditrice du moment de monter le rythme si elle se sent bien à Prémanon, puisqu’il ne reste que 10km avant l’arrivée. Cette perspective me réjouit à l’approche du village, car cela fait un bon quart d’heure que la douleur a commencé son ascension dans mes mollets et cuisses.
14h00 : Voilà Prémanon, je reconnais ses chalets. Entre deux quartiers d’orange, je m’enquiers quand même du kilométrage restant, une intuition ? La GB (Gentille Bénévole biensûr, il n’y a pas encore de ravitaillement alcoolisé sur les stands !) m’indique pleine d’enthousiasme que j’ai atteint la moitié du parcours ! Pour moi c’est un coup de bambou ! Il reste 17km ! Je m’assois 5mn. J’ai mal regardé mon itinéraire, mais je sais quand même que la 2e partie est « plus roulante ». Cela me permet de repartir. Mes jambes sont comme figées après cet arrêt. Je vais marcher quelques temps. Mais le terrain est plat, alors je tente une relance de la machine, je ne peux quand même pas marcher jusqu’au bout ! Et miracle, çà repart avec moins de douleur que ce que je craignais.
Nouvel objectif : le dernier ravito en eau. Mon émission de radio préférée podcastée dans les oreilles (oui oui c’est bien vrai, j’ai écouté des gens parler pendant 3 heures !), je me mets en mode pilote automatique. Mes jambes déroulent, les kilomètres s’enchaînent alors que le soleil donne et que le sel croûte mon visage.
16h30 : J’arrive à ce dernier ravito. Un verre d’eau, ou plutôt un demi, j’ai la tremblotte, et je repars. Je ne pense maintenant plus qu’à finir, il reste 7km. L’idée de passer la ligne me fait monter un sanglot, je peux donc y arriver ? Je suis à fleur de peau.
La parcours est toujours plat jusqu’au dernier mur ! Comment peuvent-ils nous faire çà : une véritable piste de ski alpin (au moins une rouge !) à gravir en ligne droite ! Un géant s’agenouille juste devant moi, à mi-montée, je balbutie un encouragement.
Le plat revient. Une prairie, j’aperçois un coureur immobile sur le bord du chemin. Ah non, il bouge, me fait un signe ? Rodolphe ! Il a fait demi-tour après la ligne d’arrivée, et m’accompagne sur le dernier kilomètre. Je craque, mais trouve les ressources pour finir en sprint, 5h38 après le départ.
Un champ de vaches et me voilà nez à museau avec l’un d’elles, pattes avant fléchies, prête à bondir comme si j’allais l’attaquer !
T’inquiète ma grosse, je n’en ai pas la force ni celle d’ailleurs de changer de route !
Le bilan : après une course comme celle-là, une inédite pour moi, j’ai l’impression de mieux me connaître. Au-delà du report de mes limites sportives, c’est une nouvelle illustration des possibilités d’adaptation sur lesquelles on peut compter, chacun à son niveau, quand on décide d’atteindre des objectifs aussi fous qu’enthousiasmants !
Note pour plus tard : le trail c’est comme la rando, mais en plus rapide, alors n’hésites plus à prendre tes bâtons !







